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Le prix des matériaux de construction trop élevés dans l’Outre-Mer

Les prix excessifs des matériaux de construction dans l’Outre-Mer pèsent lourdement sur les économies locales. Dossier sur le problème et les solutions préconisées par les autorités.

Ciments ou enduits de façade sont 39% plus cher à La Réunion qu’en métropole, et 35% plus élevés à Mayotte, relève l’Autorité de la concurrence. Ils pèsent pour près d’un tiers dans le coût de construction d’un logement. Et les contraintes liées à l’éloignement géographique ne fournissent pas la seule explication…

C’est l’un des problèmes les plus épineux du BTP ultramarin qui rebondit. Les prix des matériaux de construction sont 39% plus cher à La Réunion qu’en métropole, et 35% plus élevés à Mayotte, a annoncé mercredi 3 octobre 2018 l’Autorité de la concurrence, dans un avis rendu au gouvernement.

« Les matériaux de construction (ciment, granulats, enduits de façade, bois de charpente, tôles de toiture, carreaux de céramique), représentent près du tiers du coût de la construction d’un logement à La Réunion ou à Mayotte », selon l’Autorité de la concurrence, qui avait été saisie par le ministère de l’Economie. « En réduisant leur niveau à celui de la métropole, ce coût baisserait donc de 12% en moyenne », ajoute-t-elle.

Prix de la construction dans l’Outre-Mer : obstacles naturels, mais pas seulement

L’Autorité estime que « la petite taille des marchés réunionnais et mahorais » et « leur éloignement des principales sources d’approvisionnement » sont « des obstacles naturels à l’obtention de prix comparables à ceux observés en métropole ».

Mais d’autres éléments expliquent aussi cet écart important, comme le transport – la grande majorité des matériaux de construction étant importés (380 millions de tonnes à La Réunion en 2014) -, et les difficultés de stockage liées à « la rareté du foncier », qui fait par exemple exploser les loyers à « 25 euros le m2 à Mayotte contre 7 à 10 euros en petite couronne parisienne ».

Prix de la construction dans l’Outre-Mer : normes et certifications inadaptées, oligopole…

L’Autorité de la concurrence pointe également des « normes inadaptées » aux habitudes de vie ou au climat tropical de ces territoires. Ainsi, les normes d’isolation phoniques paraissent peu pertinentes dans des zones tropicales où portes et fenêtres restent ouvertes toute la journée.

De plus, l’exigence de certification CE (Conformité européenne) génère une forte dépendance des territoires ultramarins aux importations.

L’Autorité relève aussi qu’un « nombre restreint d’acteurs (oligopole) opèrent dans les circuits d’approvisionnement et de distribution des matériaux ».

Concurrence à accroître

Pour faire baisser les prix, elle préconise de simplifier la normalisation et la certification, par équivalence et sur place. De plus, elle propose de développer des filières locales de matériaux. Par exemple, il y a comme les isolants biosourcés ou les briques de terre compressées mahoraise. Celles-ci créeraient des emplois, . L’Autorité préconise aussi l’entrée de nouveaux acteurs sur le marché afin de casser les prix par une concurrence accrue.

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